Veille énergie

Semaine du 12 au 18 octobre 2026

L’électricité 2027 approche les 110 €, le prix du gaz augmente aussi pour 2028 et 2029

Trois mouvements sortent de l’ordinaire cette semaine : les hausses du prix du gaz pour 2028 et pour 2029 ainsi que celle du prix de l’électricité pour 2027, pour la troisième semaine de suite. Cinq des six échéances suivies inscrivent un nouveau plus haut des douze derniers mois. Le prix du quota carbone recule et la production nucléaire progresse légèrement : la hausse suit toujours le prix du gaz, qui augmente désormais aussi pour 2028 et 2029. Prix de clôture du vendredi 16 octobre, dernière séance de la semaine.

Électricité prix de gros français, toutes heures

2027
109,61 €

+7,43

2028
67,06 €

+3,92

2029
60,58 €

+1,97

L’échéance 2027 approche les 110 € et 2028 dépasse son sommet de septembre : les deux inscrivent un nouveau plus haut des douze derniers mois.

Pour situer : sur les douze derniers mois, l’échéance 2027 s’est échangée à 60,77 € en moyenne.

Le détail de l’électricité

Gaz PEG, marché de gros français

2027
70,06 €

+5,80

2028
44,06 €

+3,48

2029
32,24 €

+1,33

Les trois échéances inscrivent un nouveau plus haut. La hausse sort surtout de l’ordinaire sur 2028 et 2029, bien au-delà de leur amplitude habituelle.

Pour situer : sur les douze derniers mois, l’échéance 2027 s’est échangée à 36,33 € en moyenne.

Le détail du gaz

01

Première partie

Électricité

Prix de gros français pour une fourniture sur l’année entière, échéances 2027 à 2029, puis relevé des offres fournisseurs. Sauf mention contraire, il s’agit du produit qui couvre toutes les heures de l’année.

Évolutions prix électricité

Le prix de l’électricité pour 2027

109,61 €
le mégawattheure, pour une fourniture sur l’année 2027

Le prix de l’électricité pour 2027 a progressé lors des cinq séances de la semaine et inscrit un nouveau plus haut des douze derniers mois observés, tout près de 110 €. Pour la troisième semaine de suite, la hausse dépasse deux fois l’amplitude habituelle des variations hebdomadaires de cette échéance, de justesse cette fois.

109,61 € contre 102,18 € le vendredi précédent, soit +7,43 € ou +7,3 % ; 2,07 fois l’écart-type de ses variations hebdomadaires sur douze mois. Creux de la semaine à 104,03 € lundi. Ancien plus haut : 102,18 € le 9 octobre. Moyenne des douze derniers mois observés : 60,77 €. Plus bas : 48,71 € le 10 février.

405060708090100110120€/MWhnov. 25févr. 26maiaoût12 au 16 oct.202920282027
Prix de clôture quotidiens des trois échéances, du 17 octobre 2025 au 16 octobre 2026. La zone ombrée correspond à la semaine observée. Source : EEX.

Les cinq clôtures de la semaine, échéance 2027

en euros par MWh, variation d’une séance à l’autre

lundi 12
104,03

+1,85

mardi 13
107,09

+3,06

mercredi 14
107,63

+0,54

jeudi 15
107,77

+0,14

vendredi 16
109,61

+1,84

Marché long terme

Les trois échéances cotées

Chaque barre situe le prix d’aujourd’hui entre le plus bas et le plus haut de l’année écoulée. La zone colorée montre le chemin parcouru cette semaine, le trait vertical la moyenne des douze mois.

2027

109,61 €

+7,43 cette semaine

Nouveau plus haut des douze derniers mois observés. La hausse dépasse deux fois l’amplitude habituelle de l’échéance pour la troisième semaine de suite.

plus bas 48,71plus haut 109,61
moyenne 60,77

2028

67,06 €

+3,92 cette semaine

Nouveau plus haut des douze derniers mois observés, au-dessus du sommet du 10 septembre. La hausse approche deux fois l’amplitude habituelle.

plus bas 47,11plus haut 67,06
moyenne 53,73

2029

60,58 €

+1,97 cette semaine

Progresse encore et s’éloigne de sa moyenne annuelle, dans l’amplitude habituelle de ses variations.

plus bas 48,53plus haut 66,13
moyenne 55,32

Prix fournisseurs constatés

Ce que proposent les fournisseurs

Engie Pro

Offre 3 ans · C5, profil Base
110,53 €

EDF

C5, profil Base · durée non précisée
103,55 €

Tarifs relevés en octobre 2026, sans nouveau relevé depuis l’édition précédente. Engie Pro : 110,53 €, contre 95,48 € en septembre, soit +15,05 € en un mois. EDF : 103,55 €, durée de l’offre non précisée dans le relevé. Prix hors taxes et hors acheminement, abonnement en sus, garanties d’origine et obligations réglementaires incluses. Le prix de marché, lui, ne couvre que l’énergie. Repères de comparaison : 109,61 € pour l’année 2027 seule, soit une offre d’un an ; 79,08 € pour la moyenne 2027 à 2029, soit une offre de trois ans.

02

Deuxième partie

Gaz naturel

Mêmes échéances, même lecture, mais sur le PEG : le marché de gros du gaz en France. Il compte à double titre, pour les clients qui ont un contrat de gaz et parce qu’il détermine l’essentiel du prix de l’électricité.

Évolutions prix gaz

Le prix du gaz pour 2027, 2028 et 2029

Douze mois de clôtures quotidiennes pour les trois mêmes échéances que l’électricité.

20304050607080€/MWhnov. 25févr. 26maiaoût12 au 16 oct.202920282027
Prix de clôture quotidiens du gaz PEG pour les échéances 2027, 2028 et 2029, du 17 octobre 2025 au 16 octobre 2026. La zone ombrée correspond à la semaine observée. Source : EEX.

70,06 € pour l’année 2027, contre 64,27 € le vendredi précédent, soit +5,80 € ou +9,0 % ; 1,89 fois l’écart-type de ses variations hebdomadaires sur douze mois. Ancien plus haut : 64,27 € le 9 octobre. Les échéances 2028 et 2029 progressent à 44,06 € et 32,24 €, soit +3,48 € et +1,33 €, ou 2,67 et 2,16 fois leur écart-type. Moyenne des douze derniers mois observés sur 2027 : 36,33 €.

Marché long terme

Les trois échéances gazières

Même lecture que pour l’électricité : chaque barre situe le prix d’aujourd’hui entre le plus bas et le plus haut de l’année écoulée.

2027

70,06 €

+5,80 cette semaine

Nouveau plus haut des douze derniers mois observés, pour la deuxième semaine de suite. La hausse reste proche de deux fois l’amplitude habituelle de l’échéance.

plus bas 23,67plus haut 70,06
moyenne 36,33

2028

44,06 €

+3,48 cette semaine

Nouveau plus haut pour la cinquième semaine de suite. La hausse atteint près de trois fois l’amplitude habituelle de l’échéance : c’est le mouvement le plus inhabituel de la semaine.

plus bas 22,06plus haut 44,06
moyenne 27,55

2029

32,24 €

+1,33 cette semaine

Nouveau plus haut des douze derniers mois observés. La hausse dépasse deux fois l’amplitude habituelle de l’échéance.

plus bas 20,65plus haut 32,24
moyenne 24,31

03

Troisième partie

Ce que disent ces deux marchés ensemble

Les deux énergies ne se lisent bien que l’une par rapport à l’autre : c’est l’objet de cette partie, avec les faits marquants de la semaine qui les expliquent.

Lecture

Le gaz entraîne toujours l’électricité et sa hausse concerne désormais 2028 et 2029

Pour la deuxième semaine de suite, la hausse du prix de l’électricité suit celle du gaz. Rapporté au prix du gaz, le prix de l’électricité n’a varié de façon notable sur aucune échéance. Les autres explications possibles ne tiennent pas : le prix du quota carbone a reculé et la production nucléaire a légèrement progressé.

Ce qui change, c’est la forme du mouvement côté gaz. La semaine précédente, la hausse sortait de l’ordinaire sur 2027 seulement. Cette semaine, le prix pour 2027 a encore le plus augmenté en euros, mais rapportée à l’amplitude habituelle de chaque échéance, la hausse est plus inhabituelle sur 2028 et sur 2029. L’échéance 2030, suivie sans être présentée ici, va dans le même sens. Le marché ne paie plus seulement la tension de l’hiver qui vient : il anticipe qu’elle puisse durer plusieurs années.

Côté électricité, la hausse reste concentrée sur 2027 : l’échéance 2029 progresse, mais dans sa norme. Sur 2027, elle porte toujours sur toute l’année et pas seulement sur l’hiver, puisque le contrat du deuxième trimestre a progressé presque autant que celui du premier.

Électricité : hausse de 7,43 € sur 2027, soit 2,07 fois l’écart-type de ses variations hebdomadaires sur douze mois ; 3,92 € sur 2028, soit 1,84 fois ; 1,97 € sur 2029, soit 1,25 fois. L’échéance 2030 gagne 1,16 € à 61,76 € (0,75 fois). Gaz : 3,48 € sur 2028, soit 2,67 fois ; 1,33 € sur 2029, soit 2,16 fois ; 5,80 € sur 2027, soit 1,89 fois ; l’échéance 2030 gagne 0,91 € à 27,50 € (2,00 fois). Premier trimestre 2027 : 169,54 €, contre 161,16 € (+8,38 €) ; deuxième trimestre : 70,73 €, contre 64,18 € (+6,55 €). Pointe 2027 : 117,71 € (+5,96 €, 1,42 fois son écart-type). Écart entre pointe et base sur 2029 : 14,16 €, contre 12,52 € (1,56 fois). Électricité allemande 2027 : 146,37 €, contre 140,21 € (+6,16 €). Gaz TTF 2027 : 70,96 €, contre 65,05 € (+5,91 €). Quota carbone européen, échéance décembre 2026 : 85,42 €, contre 86,95 € le vendredi précédent (−1,53 €). Prix de l’électricité divisé par celui du gaz : 1,564 sur 2027 contre 1,590 (0,29 fois l’écart-type de ses variations hebdomadaires) ; 1,522 sur 2028 contre 1,556 (0,41 fois) ; 1,879 sur 2029 contre 1,896 (0,27 fois). Écart entre 2027 et 2029 : 49,03 €, contre 43,57 € la semaine précédente. Clôtures EEX.

Lecture

Deux lectures de la semaine

Le mouvement de la semaine, côté gaz

Le prix du gaz au plus haut sur toutes les échéances, sur fond d’hiver mal approvisionné

Le prix du gaz a progressé sur toutes les échéances et inscrit un nouveau plus haut des douze derniers mois observés sur 2027, 2028 et 2029. Le mouvement suit celui du TTF, la référence européenne : l’écart entre les deux reste faible, la France n’est donc pas moins bien approvisionnée que ses voisins.

Selon la presse spécialisée, les livraisons de gaz naturel liquéfié en provenance du Golfe ne se redressent pas, contrairement à celles de pétrole. L’Europe se dispute les cargaisons disponibles avec l’Asie à l’approche de l’hiver. Les stockages européens n’ont presque plus progressé depuis début octobre et restent nettement moins remplis qu’il y a un an. En France, le remplissage s’est pratiquement arrêté en fin de semaine.

PEG 2028 : 44,06 €, contre 40,59 € (+3,48 €, 2,67 fois l’écart-type de ses variations hebdomadaires) ; PEG 2029 : 32,24 €, contre 30,91 € (+1,33 €, 2,16 fois). TTF 2027 : 70,96 €. Écart entre PEG et TTF sur 2027 : −0,90 €, contre −0,78 € la semaine précédente. Stockages de gaz de l’Union européenne : 74,3 % de remplissage le 16 octobre, contre 73,5 % le 9 octobre et 82,8 % un an plus tôt ; France : 87,4 %, contre 86,6 % le 9 octobre (86,7 % dans l’édition précédente, chiffre révisé par AGSI+) et 92,3 % un an plus tôt, sans progression entre le 15 et le 16 octobre (AGSI+). Livraisons de gaz naturel liquéfié du Golfe et concurrence avec l’Asie : presse spécialisée, non recoupées sur une source primaire.

Ce que le prix ne dit pas

Le nucléaire progresse peu, l’arrêt de Chooz de nouveau prolongé

La production nucléaire a légèrement progressé, sans rattraper son niveau de l’an dernier à la même période.

Les avis publiés par EDF montrent des mouvements de sens contraire. Paluel 1 est revenu le 14 octobre, un jour plus tard qu’annoncé. Golfech 2 s’est en revanche arrêté de façon fortuite le 13 octobre. L’arrêt des deux réacteurs de Chooz, lié à des causes environnementales, a de nouveau été prolongé d’une semaine. L’EPR de Flamanville et Cattenom 3 restent à l’arrêt.

Les centrales à gaz ont été un peu plus sollicitées et les exportations ont légèrement reculé. Ces variations restent modestes : la situation physique du système électrique français n’explique pas davantage la hausse que la semaine précédente.

Production nucléaire : 37 798 MW en moyenne du 12 au 18 octobre, contre 36 643 MW la semaine précédente et 40 937 MW un an plus tôt. Soit 60,0 % du parc installé, qui totalise 62,99 GW. Elle couvre l’équivalent de 86,5 % de la consommation française. Centrales à gaz : 2 221 MW, contre 1 840 MW. Exportations nettes : 8,63 GW, contre 9,02 GW. Source : RTE, éco2mix, données provisoires ; les chiffres de la semaine précédente sont inchangés. Arrêts annoncés par EDF : Chooz 1 et 2 (2 × 1 500 MW) prolongés jusqu’au 29 octobre au lieu du 22, Golfech 2 (1 310 MW) arrêt fortuit du 13 au 20 octobre, Cruas 1 (915 MW) arrêt programmé du 16 octobre au 25 novembre, Flamanville 3 (1 600 MW) jusqu’au 10 septembre 2027, Cattenom 3 (1 300 MW) jusqu’au 7 novembre. Paluel 1 (1 330 MW) de retour le 14 octobre au soir. Dates susceptibles d’évoluer.

Actualité

Aucun autre fait marquant retenu

Seuls les événements qui expliquent un mouvement mesuré cette semaine sont retenus. La faiblesse des livraisons de gaz naturel liquéfié et le remplissage insuffisant des stockages, qui expliquent la hausse du prix du gaz et, par son intermédiaire, celle de l’électricité, sont décrits plus haut.

Synthèse

Ce qu’il faut en retenir pour une décision

Pour 2027

Le prix approche 110 € et inscrit un nouveau plus haut des douze derniers mois observés, pour la troisième semaine de suite. Le facteur qui joue reste le prix du gaz, exposé à la faiblesse des livraisons de gaz naturel liquéfié. La disponibilité du parc nucléaire, avec l’arrêt de l’EPR qui couvre presque toute l’année 2027, demeure l’autre facteur de risque, mais elle n’a pas pesé cette semaine.

Pour 2028 et 2029

Il reste préférable de retenir des échéances longues pour faire baisser le prix moyen. En euros, l’écart entre l’année 2027 seule et la moyenne sur trois ans s’est même légèrement creusé.

La contrepartie continue de s’alourdir. L’échéance 2028 atteint le plus haut de ses douze derniers mois ; 2029 atteint le 89ᵉ rang centile, contre 85ᵉ. Surtout, la hausse du gaz sur ces deux années montre qu’elles ne sont plus tenues à l’écart de la tension actuelle.

Prix moyen indicatif : 109,61 € sur un an (2027 seule), 88,34 € sur deux ans, 79,08 € sur trois ans, contre 102,18 €, 82,66 € et 74,64 € la semaine précédente. Il s’agit de moyennes simples ; un prix contractuel réel dépend aussi de la répartition des volumes entre les années.

Annexe

Petit lexique

Cette rubrique s’étoffe chaque semaine. Les notions déjà traitées ne sont pas répétées ; l’ensemble finira par former un lexique de référence.

PEG
Point d’Échange de Gaz : le marché de gros du gaz en France. C’est l’endroit où fournisseurs et industriels achètent et vendent le gaz livré sur le réseau français. Quand on parle du « prix du gaz en France », c’est de lui qu’il s’agit.
TTF
Title Transfer Facility : l’équivalent néerlandais et surtout la référence de tout le continent. Les Pays-Bas concentrent historiquement les flux gaziers d’Europe du Nord-Ouest, si bien que le TTF sert de baromètre européen. Le PEG s’aligne très largement dessus. L’écart entre les deux mesure la facilité d’approvisionnement propre à la France. Quand la France est mieux fournie que ses voisins, son gaz coûte un peu moins cher et inversement.
La prime de court terme
C’est le supplément que le marché accepte de payer pour être livré tôt plutôt que tard. Quand une crise éclate, les premières années deviennent plus chères que les suivantes, parce que personne ne sait comment se passera l’hiver prochain alors que tout le monde parie qu’une crise finit par se résoudre. C’est ce qui explique l’écart de 49,03 € entre 2027 et 2029. Cette prime est un bon indicateur du niveau de stress : plus elle est forte, plus le marché est tendu à court terme. Elle s’inverse parfois. Lorsque les années lointaines coûtent plus cher que les proches, c’est que le marché anticipe une dégradation durable.
Le rang centile
Un prix seul ne dit pas s’il est élevé. Le rang centile le situe parmi toutes les séances des douze derniers mois : un rang de 97 % signifie que le prix a été plus bas lors de 97 % des séances de l’année écoulée, donc qu’il se tient tout près de son sommet. Un rang de 44 % signifie qu’il est légèrement sous sa médiane. C’est la mesure la plus directe pour répondre à la question que pose un client : « est-ce cher en ce moment ? »
L’écart-type hebdomadaire
Chaque contrat a une amplitude de variation qui lui est propre : une même hausse de deux euros est banale sur 2027 et exceptionnelle sur 2029. L’écart-type mesure cette amplitude habituelle sur les douze derniers mois. Rapporter la variation de la semaine à cet écart-type permet de distinguer un vrai signal d’une simple oscillation, et détermine les sujets traités ici : au-delà de deux écarts-types, un mouvement justifie une analyse ; en deçà d’un, il n’en justifie aucune.
La prime de risque
À ne pas confondre avec la précédente. Un prix à terme n’est pas une prévision : c’est une prévision majorée d’une marge de sécurité. Celui qui vend de l’électricité pour 2027 s’engage aujourd’hui sur un prix qu’il devra honorer quoi qu’il arrive ; il facture donc cette incertitude. Cette prime grossit quand le risque devient difficile à évaluer (panne imprévue, tension géopolitique, météo extrême). Dans la pratique, elle s’observe rarement en direct. On la déduit en comparant des marchés entre eux : si le prix de l’électricité française progresse nettement plus vite que celui du gaz, et au-delà de l’écart habituel entre les deux, une prime propre à la France peut être en train d’apparaître.
Le contrat trimestriel
Un contrat annuel couvre toute l’année de livraison, mais le marché cote aussi chaque trimestre séparément. Le premier trimestre couvre janvier à mars, le cœur de l’hiver, quand la consommation est la plus forte. L’écart entre le premier et le deuxième trimestre mesure ce que le marché anticipe pour l’hiver : quand il se creuse, c’est le risque hivernal qui est payé, pas une hausse sur toute l’année.
Le taux de remplissage des stockages
Pendant l’été, l’Europe remplit ses stockages souterrains de gaz, puis les vide de novembre à mars pour couvrir une partie de la consommation d’hiver. Le taux de remplissage indique la part de la capacité occupée. Il se lit toujours par comparaison avec la même date des années précédentes : un taux plus bas signifie que l’hiver dépendra davantage des cargaisons de gaz naturel liquéfié achetées en cours de saison, donc des prix et des aléas du marché mondial. La source de référence est AGSI+, publiée par l’association des gestionnaires d’infrastructures gazières européens (GIE).
La courbe des prix à terme
À un instant donné, chaque année de livraison a son propre prix : 2027, 2028, 2029 et au-delà. Mises bout à bout, ces cotations forment la courbe des prix à terme. Sa forme renseigne sur ce que le marché anticipe. Quand seules les échéances proches augmentent, il s’inquiète d’une tension passagère. Quand les années plus éloignées augmentent aussi, il juge que la tension peut durer. Pour un acheteur, c’est la courbe qui détermine le coût d’un contrat de plusieurs années, bien plus que le seul prix de l’année prochaine.

Veille marché énergie

Semaine du 12 au 18 octobre 2026.

Sources. Prix à terme électricité (base et pointe, échéances 2027 à 2030, contrats trimestriels, électricité allemande) : EEX, prix de règlement quotidiens, Market Data Hub d’EEX. Prix à terme gaz PEG et TTF : Market Data Hub d’EEX. Quota carbone : Market Data Hub d’EEX. Production, consommation et échanges : éco2mix de RTE. Arrêts et indisponibilités des réacteurs : publications réglementaires d’EDF. Stockages de gaz : AGSI+ (GIE). Livraisons de gaz naturel liquéfié : presse spécialisée. Tarifs fournisseurs : relevés internes.

Limite de cette édition. La faiblesse des livraisons de gaz naturel liquéfié en provenance du Golfe et la concurrence entre acheteurs européens et asiatiques sont rapportées par la presse spécialisée et n’ont pas pu être recoupées sur une source primaire.

Prix en euros par mégawattheure. Données EEX fournies en l’état, à usage interne : leur republication systématique nécessite une licence.