Archive · semaine du 21 au 27 septembre 2026
Accalmie sur l’électricité, le gaz toujours au plus haut
Semaine calme, même si l’écart grandit entre un gaz qui bat des records sur ses échéances lointaines et une électricité qui, aux mêmes échéances, redescend vers sa moyenne annuelle. Prix de clôture du vendredi 25 septembre, dernière séance de la semaine.
Cette page est l’archive de l’édition de la semaine du 21 au 27 septembre 2026. Les chiffres cités sont ceux de cette semaine-là et ne sont plus à jour. Voir l’édition en cours.
Électricité prix de gros français, toutes heures
- 2027
- 87,30 €
- 2028
- 56,60 €
- 2029
- 54,17 €
+0,30
−1,43
−1,89
L’échéance 2027 est stable et se maintient au 97ᵉ rang centile. Les deux suivantes reculent encore : 2029 repasse même sous sa moyenne des douze derniers mois.
Pour situer : sur les douze derniers mois, l’échéance 2027 s’est échangée à 58,38 € en moyenne.
Gaz PEG, marché de gros français
- 2027
- 55,95 €
- 2028
- 37,82 €
- 2029
- 29,23 €
−2,70
+0,87
+0,45
La courbe s’aplatit : 2027 recule avec le contrat à livraison immédiate, tandis que 2028 et 2029 inscrivent de nouveaux records pour la deuxième semaine de suite.
Pour situer : sur les douze derniers mois, l’échéance 2027 s’est échangée à 34,30 € en moyenne.
Première partie
Électricité
Prix de gros français pour une fourniture sur l’année entière, échéances 2027 à 2029, puis relevé des offres fournisseurs. Sauf mention contraire, il s’agit du produit qui couvre toutes les heures de l’année.
Évolutions prix électricité
Le prix de l’électricité pour 2027
Le prix de l’électricité pour 2027 termine la semaine au même niveau qu’il l’avait commencée, après un creux mardi et un rebond jeudi. Sa variation hebdomadaire est la plus faible depuis la mi-juillet. Il se tient au 97ᵉ rang centile des douze derniers mois observés, donc toujours tout près du haut de sa fourchette.
87,30 € contre 87,00 € le vendredi précédent, soit +0,30 €. Creux de la semaine à 83,31 € mardi, point haut à 87,75 € jeudi. Moyenne des douze derniers mois observés : 58,38 €. Plus bas : 48,71 € le 10 février, plus haut : 92,80 € le 14 septembre.
Les cinq clôtures de la semaine, échéance 2027
en euros par MWh, variation d’une séance à l’autre
- lundi 21
- 83,42
- mardi 22
- 83,31
- mercredi 23
- 84,16
- jeudi 24
- 87,75
- vendredi 25
- 87,30
−3,58
−0,11
+0,85
+3,59
−0,45
Marché long terme
Les trois échéances cotées
Chaque barre situe le prix d’aujourd’hui entre le plus bas et le plus haut de l’année écoulée. La zone colorée montre le chemin parcouru cette semaine, le trait vertical la moyenne des douze mois.
2027
+0,30 cette semaine
Pratiquement inchangée sur la semaine, après un creux à 83,31 € mardi. Elle reste la seule échéance électrique à se maintenir près du haut de sa fourchette annuelle.
2028
−1,43 cette semaine
Recule pour la deuxième semaine consécutive et s’éloigne du record qu’elle avait touché le 11 septembre.
2029
−1,89 cette semaine
Repasse sous la moyenne de ses douze derniers mois. L’échéance a perdu en deux semaines tout le terrain gagné depuis la mi-août.
Prix fournisseurs constatés
Ce que proposent les fournisseurs
Engie Pro
Tarifs relevés en septembre 2026. Prix hors taxes et hors acheminement, abonnement en sus, garanties d’origine et obligations réglementaires incluses. Le prix de marché, lui, ne couvre que l’énergie. Repère de comparaison : la moyenne de marché 2027 à 2029, qui correspond à la durée d’une offre de trois ans, s’établit à 66,02 €.
Deuxième partie
Gaz naturel
Mêmes échéances, même lecture, mais sur le PEG : le marché de gros du gaz en France. Il compte à double titre, pour les clients qui ont un contrat de gaz et parce qu’il détermine l’essentiel du prix de l’électricité.
Évolutions prix gaz
Le prix du gaz pour 2027, 2028 et 2029
Douze mois de clôtures quotidiennes pour les trois mêmes échéances que l’électricité.
55,95 € pour l’année 2027, contre 58,65 € le vendredi précédent, soit −2,70 €. Les échéances 2028 et 2029 progressent en revanche, à 37,82 € et 29,23 €, deux nouveaux plus hauts. Moyenne des douze derniers mois observés sur 2027 : 34,30 €.
Marché long terme
Les trois échéances gazières
Même lecture que pour l’électricité : chaque barre situe le prix d’aujourd’hui entre le plus bas et le plus haut de l’année écoulée.
2027
−2,70 cette semaine
Seule échéance gazière en repli, dans le sillage de la détente du contrat à livraison immédiate. Elle reste toutefois à moins de quatre euros de son record.
2028
+0,87 cette semaine
Nouveau plus haut des douze derniers mois observés, pour la deuxième semaine d’affilée.
2029
+0,45 cette semaine
Nouveau plus haut également. Le bout de la courbe gazière progresse sans interruption depuis la mi-août.
Troisième partie
Ce que disent ces deux marchés ensemble
Les deux énergies ne se lisent bien que l’une par rapport à l’autre : c’est l’objet de cette partie, avec les faits marquants de la semaine qui les expliquent.
Lecture
L’électricité décroche du gaz sur les échéances lointaines
Aucun mouvement de la semaine ne sort de l’ordinaire, mais le cumul des deux dernières dessine une bascule nette. Sur 2028 et 2029, le gaz inscrit des records successifs pendant que l’électricité redescend vers sa moyenne annuelle. Les deux courbes, qui évoluaient ensemble depuis le début de l’épisode, s’écartent désormais franchement.
Trois lectures possibles, qu’il est encore trop tôt pour départager. La hausse du gaz sur ses échéances lointaines répond à des facteurs qui lui sont propres, notamment des stockages européens au plus bas depuis le début des relevés en 2011 et une offre norvégienne perturbée ; ces facteurs ne se transmettent pas mécaniquement à une électricité française majoritairement nucléaire et renouvelable à cet horizon. Le marché peut aussi anticiper que les contraintes pesant actuellement sur le parc nucléaire, largement hydrologiques, seront levées d’ici là. Ou l’électricité peut simplement avoir du retard à combler, auquel cas les échéances lointaines rattraperaient le gaz dans les semaines qui viennent.
La première hypothèse serait durable, la troisième transitoire, et elles appellent des décisions opposées pour un contrat long. Les deux prochaines éditions devraient permettre de trancher.
Rapport entre le prix de l’électricité et celui du gaz : 1,497 sur 2028 et 1,853 sur 2029, contre 1,570 et 1,947 la semaine précédente. Rang dans les douze derniers mois observés, gaz : 100 % sur 2028, 99 % sur 2029. Électricité : 79 % sur 2028 et 44 % sur 2029, contre 79 % et 70 % la semaine dernière.
Lecture
Une lecture de la semaine
Ce que le prix ne dit pas
Le parc nucléaire est contraint, mais pour des raisons datées
La production nucléaire recule pour la troisième semaine consécutive et s’établit à son point le plus bas depuis le début du suivi. L’écart avec la même période de l’an dernier atteint huit gigawatts, soit près d’un cinquième de moins.
Les causes sont identifiées et elles sont pour l’essentiel hydrologiques. Le réacteur Golfech 1 est à l’arrêt depuis mai et sa maintenance a de nouveau été prolongée. EDF a prévenu que la centrale de Civaux, soit trois gigawatts, pourrait devoir réduire sa production à partir du 1er octobre en raison du faible débit de la Vienne, une contrainte qui pourrait durer jusqu’à la mi-octobre. S’y ajoutent les réductions liées aux fortes températures, qui ont atteint 5,2 gigawatts à la mi-septembre, soit 8 % du parc.
Cette distinction compte pour un contrat pluriannuel. Sécheresse, débit de rivière et canicule pèsent sur la fin 2026 et sur 2027, mais rien n’indique qu’elles se prolongent en 2028 ou 2029. Le marché traite donc un problème français daté plutôt qu’un affaiblissement durable du parc, ce qui éclaire le fait que l’échéance 2027 se maintienne haut pendant que les suivantes reculent.
Production nucléaire : 35 553 MW en moyenne, contre 35 724 MW la semaine précédente et 43 631 MW un an plus tôt. Soit 56,4 % du parc installé, qui totalise 62,99 GW, et 84,7 % de la demande française. L’éolien recule de 826 MW, ce qui porte le recours au gaz à 2 087 MW, soit le double de la semaine précédente. Prix spot moyen : 147,66 €, contre 131,75 €.
Actualité
Deux faits marquants
Seuls les événements qui expliquent un mouvement mesuré cette semaine sont retenus.
Axel Hindemith / Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0
Carbone · 16 septembre
L’Europe assouplit son marché carbone pour l’industrie
Le Conseil de l’Union européenne a arrêté sa position sur une mesure augmentant temporairement les quotas gratuits accordés aux industries les plus consommatrices d’énergie. Le prix du carbone entrant dans le coût des centrales à gaz, tout assouplissement pèse à la baisse sur le prix de l’électricité aux échéances concernées.
Conseil de l’Union européenne, 16 septembre 2026
Gordon Leggett / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0
Production · deuxième trimestre
Le solaire devient la première source renouvelable européenne
Au deuxième trimestre 2026, 54,1 % de l’électricité produite dans l’Union européenne provenait de sources renouvelables, le solaire passant devant l’éolien et l’hydraulique. Cette tendance de fond est l’une des explications possibles au décrochage de l’électricité par rapport au gaz sur les échéances lointaines.
Eurostat, deuxième trimestre 2026
Prochaine date à surveiller : le 1er octobre, ouverture de la période réglementaire de remplissage des stockages. L’Europe l’aborde remplie aux deux tiers, contre plus de 80 % habituellement et l’Allemagne autour de 55 %.
Synthèse
Ce qu’il faut en retenir pour une décision
Pour 2027
Le prix est stable et demeure au 97ᵉ rang centile de la période. Rien dans la semaine ne modifie l’appréciation portée jusqu’ici. Le facteur de risque qui progresse est la disponibilité du parc nucléaire, que le marché n’a pas encore intégrée.
Pour 2028 et 2029
Pour une fourniture qui doit démarrer en 2027, il reste plus intéressant de retenir une échéance longue, afin de profiter d’un marché nettement moins cher sur les années suivantes.
La contrepartie continue de s’alléger. L’échéance 2029 est repassée sous sa moyenne annuelle, au 44ᵉ rang centile contre 70ᵉ la semaine dernière, et 2028 se maintient au 79ᵉ. Allonger la durée n’a jamais été aussi favorable depuis le début de l’épisode, sous réserve que le décrochage constaté par rapport au gaz ne soit pas un simple retard de rattrapage.
Prix moyen indicatif : 87,30 € sur un an (2027 seule), 71,95 € sur deux ans, 66,02 € sur trois ans. Il s’agit de moyennes simples ; un prix contractuel réel dépend aussi de la répartition des volumes entre les années.
Annexe
Petit lexique
Cette rubrique s’étoffe chaque semaine. Les notions déjà traitées ne sont pas répétées ; l’ensemble finira par former un lexique de référence.
PEG
TTF
La prime de court terme
Le rang centile
L’écart-type hebdomadaire
La prime de risque
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