Archive · semaine du 14 au 20 septembre 2026
L’électricité reflue après cinq semaines de hausse, le gaz ne suit pas
Un nouveau sommet lundi, puis quatre séances de repli : la série de hausses s’interrompt. Le gaz, lui, continue de progresser et inscrit même un record sur 2028. La synthèse ci-dessous donne l’essentiel pour chaque énergie ; le détail suit dans la page. Prix de clôture du vendredi 18 septembre, dernière séance de la semaine.
Cette page est l’archive de l’édition de la semaine du 14 au 20 septembre 2026. Les chiffres cités sont ceux de cette semaine-là et ne sont plus à jour. Voir l’édition en cours.
Électricité prix de gros français, toutes heures
- 2027
- 87,00 €
- 2028
- 58,03 €
- 2029
- 56,06 €
−2,54
−5,32
−2,54
Le repli touche toute la courbe, mais c’est 2028 qui recule le plus fortement, de loin. 2027 reste à deux doigts de son record, 2028 et 2029 en redescendent nettement.
Pour situer : sur les douze derniers mois, l’échéance 2027 s’est échangée à 57,83 € en moyenne.
Gaz PEG, marché de gros français
- 2027
- 58,65 €
- 2028
- 36,95 €
- 2029
- 28,79 €
+0,28
+0,92
+0,53
Le gaz progresse encore, à contre-courant de l’électricité. L’échéance 2028 établit un nouveau record, la seule de la semaine toutes énergies confondues.
Pour situer : sur les douze derniers mois, l’échéance 2027 s’est échangée à 33,76 € en moyenne.
Première partie
Électricité
Prix de gros français pour une fourniture sur l’année entière, échéances 2027 à 2029, puis relevé des offres fournisseurs. Sauf mention contraire, il s’agit du produit qui couvre toutes les heures de l’année.
Évolutions prix électricité
Le prix de l’électricité pour 2027
Le prix de l’électricité pour 2027 a établi un nouveau sommet lundi, à 92,80 €, avant de reculer quatre séances d’affilée puis de se redresser vendredi. Sur la semaine, il perd 2,54 €. La série de cinq hausses hebdomadaires consécutives s’interrompt, mais le prix se tient encore au 98ᵉ rang centile des douze derniers mois observés.
87,00 € contre 89,54 € le vendredi précédent, soit −2,54 € ou −2,8 %. Nouveau plus haut des douze derniers mois observés lundi 14, à 92,80 €. Moyenne de la période : 57,83 €. Plus bas : 48,71 € le 10 février.
Les cinq clôtures de la semaine, échéance 2027
en euros par MWh, variation d’une séance à l’autre
- lundi 14
- 92,80
- mardi 15
- 87,97
- mercredi 16
- 85,94
- jeudi 17
- 84,16
- vendredi 18
- 87,00
+3,26
−4,83
−2,03
−1,78
+2,84
Marché long terme
Les trois échéances cotées
Chaque barre situe le prix d’aujourd’hui entre le plus bas et le plus haut de l’année écoulée. La zone colorée montre le chemin parcouru cette semaine, le trait vertical la moyenne des douze mois.
2027
−2,54 cette semaine
Le prix a touché un nouveau sommet lundi à 92,80 € avant de refluer quatre séances de suite. Le repli sur la semaine reste modeste rapporté à l’ampleur habituelle de ses mouvements.
2028
−5,32 cette semaine
La baisse la plus marquée de la semaine, et de loin. L’échéance perd près de dix % et retombe au 79ᵉ rang centile après avoir été à son record.
2029
−2,54 cette semaine
Recule également et revient au 70ᵉ rang centile. L’écart avec 2027 se maintient à 30,94 €, exactement le niveau de la semaine précédente.
Prix fournisseurs constatés
Ce que proposent les fournisseurs
Engie Pro
Tarifs relevés en septembre 2026. Prix hors taxes et hors acheminement, abonnement en sus, garanties d’origine et obligations réglementaires incluses. Le prix de marché, lui, ne couvre que l’énergie. Repère de comparaison : la moyenne de marché 2027 à 2029, qui correspond à la durée d’une offre de trois ans, s’établit à 67,03 €.
Deuxième partie
Gaz naturel
Mêmes échéances, même lecture, mais sur le PEG : le marché de gros du gaz en France. Il compte à double titre, pour les clients qui ont un contrat de gaz et parce qu’il détermine l’essentiel du prix de l’électricité.
Évolutions prix gaz
Le prix du gaz pour 2027, 2028 et 2029
Douze mois de clôtures quotidiennes pour les trois mêmes échéances que l’électricité.
58,65 € pour l’année 2027, contre 58,38 € le vendredi précédent, soit +0,28 €. L’échéance 2028 inscrit en revanche un nouveau record à 36,95 €. Moyenne des douze derniers mois observés sur 2027 : 33,76 €. Plus bas de la période : 23,67 € en janvier.
Marché long terme
Les trois échéances gazières
Même lecture que pour l’électricité : chaque barre situe le prix d’aujourd’hui entre le plus bas et le plus haut de l’année écoulée.
2027
+0,28 cette semaine
Quasi stable, à moins d’un euro et demi de son record. Le gaz n’a pas suivi le repli de l’électricité.
2028
+0,92 cette semaine
Nouveau plus haut des douze derniers mois observés. C’est la seule échéance, toutes énergies confondues, à établir un record cette semaine.
2029
+0,53 cette semaine
Au plus haut également. La courbe gazière ne montre aucun signe de détente, même sur ses échéances les plus éloignées.
Troisième partie
Ce que disent ces deux marchés ensemble
Les deux énergies ne se lisent bien que l’une par rapport à l’autre : c’est l’objet de cette partie, avec les faits marquants de la semaine qui les expliquent.
Lecture
Les deux marchés se séparent
La semaine dernière, les deux énergies montaient ensemble et le gaz expliquait l’essentiel du mouvement électrique. Cette semaine, elles divergent franchement : l’électricité recule sur toute sa courbe pendant que le gaz progresse encore et inscrit un record sur 2028.
Le décrochage se lit dans le rapport entre les deux prix, qui revient à 1,483 après 1,534. Il repasse ainsi sous son niveau du 4 septembre, qui était de 1,516. Autrement dit, l’électricité française s’échange désormais un peu moins cher par rapport au gaz qu’avant l’épisode de hausse.
Ce retournement invalide la lecture avancée la semaine dernière. L’édition précédente y voyait l’apparition d’un supplément de risque propre au système électrique français, de l’ordre d’un euro. Son inversion en cinq séances montre qu’il s’agissait de bruit et non d’un signal. Rapportée à sa dispersion normale, la variation de ce rapport n’a dépassé le tiers de son amplitude habituelle ni la semaine dernière ni celle-ci.
La conséquence pratique reste inchangée et se trouve même renforcée : pour l’échéance 2027, une décision d’attendre demeure un pari sur le prix du gaz, pas sur l’état du parc nucléaire français.
Rapport entre le prix de l’électricité et celui du gaz sur 2027 : 1,483 au 18 septembre, contre 1,534 au 11 et 1,516 au 4. Rang dans les douze derniers mois observés, gaz : 98 % sur 2027, 100 % sur 2028, 99 % sur 2029. Électricité : 98 % sur 2027, 79 % sur 2028, 70 % sur 2029.
Lecture
Deux lectures de la semaine
Le mouvement de la semaine
C’est 2028 qui a le plus reculé, et c’est inhabituel
L’attention se porte spontanément sur l’échéance 2027, la plus chère et la plus proche. Rapporté à ce que chaque échéance fait habituellement en une semaine, c’est pourtant 2028 qui a connu le mouvement le plus anormal, et de loin. Son repli est près de trois fois supérieur à son amplitude hebdomadaire courante, là où celui de 2027 reste dans la norme.
Concrètement, l’échéance 2028 quitte son record pour retomber au 79ᵉ rang centile de son année. Elle avait été le meilleur point d’entrée de la courbe la semaine dernière ; elle le redevient, et davantage.
Repli de 5,32 € sur 2028, soit 2,8 fois l’écart-type de ses variations hebdomadaires sur douze mois. À titre de comparaison, le repli de 2,54 € sur 2027 ne représente que 0,8 fois le sien. Écart entre 2027 et 2028 : 28,97 €, contre 26,19 € la semaine précédente.
Ce que le prix ne dit pas
Le parc nucléaire s’est dégradé pendant que les prix baissaient
La production nucléaire a reculé cette semaine et se situe désormais sous son niveau de l’an dernier à la même date. Elle couvre encore l’essentiel de la demande française, mais sans réserve : un peu plus de la moitié du parc installé est disponible.
Le marché n’en a pas tenu compte, occupé par la détente du gaz à court terme. C’est un décalage à garder en tête pour les semaines qui viennent, à l’approche de la période où la demande remonte.
Production nucléaire : 35 724 MW en moyenne, contre 37 085 MW la semaine précédente et 38 143 MW un an plus tôt. Soit 56,7 % du parc installé, qui totalise 62,99 GW, et 84,3 % de la demande française. Les exportations nettes reculent à 5,97 GW, contre 8,64 GW la semaine précédente.
Actualité
Deux faits marquants
Seuls les événements qui expliquent un mouvement mesuré cette semaine sont retenus.
Axel Hindemith / Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0
Gaz · 18 septembre
Le gaz à livraison immédiate se détend nettement
Le contrat gazier du mois prochain recule de 7,2 % sur la semaine, dont 2,2 % pour la seule séance de vendredi. C’est ce reflux du court terme qui a entraîné l’électricité vers le bas, alors même que les contrats annuels gaziers, eux, n’ont pas bougé.
Gordon Leggett / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0
Ménages · octobre
La facture type de gaz passe de 1 708 à 1 817 euros
Le prix repère publié par la CRE pour octobre porte la facture annuelle d’un foyer chauffé au gaz consommant 10 000 kWh à 1 817 euros, contre 1 708 euros en septembre. La crise de gros atteint désormais le consommateur final, ce qui rend le sujet politique.
Prochaine date à surveiller : le 1er octobre, ouverture de la période réglementaire de remplissage des stockages. L’Europe l’aborde remplie aux deux tiers, contre plus de 80 % habituellement et l’Allemagne autour de 55 %.
Synthèse
Ce qu’il faut en retenir pour une décision
Pour 2027
Le prix redescend un peu mais reste au 98ᵉ rang centile de l’année. Le repli vient de la détente du gaz à court terme, pas d’une amélioration du système électrique français, dont le parc nucléaire s’est au contraire dégradé cette semaine. Reporter une signature demeure un pari sur le prix du gaz.
Pour 2028 et 2029
Une fourniture qui doit démarrer en 2027 ne peut pas être décalée : le besoin est le besoin. En revanche, elle peut être allongée. Un contrat de trois ans commençant en 2027 mélange une année chère et deux années nettement moins chères. Il ressort donc à un prix moyen très inférieur à celui d’un contrat d’un an.
La contrepartie signalée la semaine dernière s’est allégée. L’échéance 2028 a nettement reculé et retombe au 79ᵉ rang centile, 2029 au 70ᵉ. Allonger la durée revient donc toujours à diluer une année très chère, mais les deux années ajoutées ne sont plus, elles, à leur record.
Prix moyen indicatif : 87,00 € sur un an (2027 seule), 72,52 € sur deux ans, 67,03 € sur trois ans. Il s’agit de moyennes simples ; un prix contractuel réel dépend aussi de la répartition des volumes entre les années.
Annexe
Petit lexique
Cette rubrique s’étoffe chaque semaine. Les notions déjà traitées ne sont pas répétées ; l’ensemble finira par former un lexique de référence.