Archive · semaine du 7 au 13 septembre 2026
Le prix de l’électricité pour 2027 au plus haut des douze derniers mois observés
Cinquième semaine de hausse d’affilée et un sommet dépassé de 27 % par rapport au précédent. La synthèse ci-dessous donne l’essentiel pour l’électricité et pour le gaz ; le détail de chacun suit dans la page. Prix de clôture du vendredi 11 septembre, dernière séance de la semaine.
Cette page est l’archive de l’édition de la semaine du 7 au 13 septembre 2026. Les chiffres cités sont ceux de cette semaine-là et ne sont plus à jour. Voir l’édition en cours.
Électricité prix de gros français, toutes heures
- 2027
- 89,54 €
- 2028
- 63,35 €
- 2029
- 58,60 €
+10,38
+7,23
+5,03
Cinquième semaine de hausse d’affilée. 2027 et 2028 sont au plus haut des douze derniers mois observés ; 2029 conserve encore de la marge avant son propre record.
Pour situer : sur les douze derniers mois, l’échéance 2027 s’est échangée à 57,26 € en moyenne.
Gaz PEG, marché de gros français
- 2027
- 58,38 €
- 2028
- 36,04 €
- 2029
- 28,26 €
+6,15
+2,13
+1,03
Les trois échéances cotent simultanément au plus haut : aucune marge restante. C’est le gaz qui entraîne l’électricité, à hauteur de neuf dixièmes de la hausse de 2027.
Pour situer : sur les douze derniers mois, l’échéance 2027 s’est échangée à 33,17 € en moyenne.
Première partie
Électricité
Prix de gros français pour une fourniture sur l’année entière, échéances 2027 à 2029, puis relevé des offres fournisseurs. Sauf mention contraire, il s’agit du produit qui couvre toutes les heures de l’année.
Évolutions prix électricité
Le prix de l’électricité pour 2027
Le prix de l’électricité pour 2027 a encore augmenté cette semaine, à peu près autant que la semaine dernière. C’est la cinquième semaine de hausse consécutive et le niveau le plus élevé des douze derniers mois observés. Avant septembre, le sommet de la période était de 70,59 € ; il a été dépassé de 27 % en deux semaines.
89,54 € contre 79,16 € le vendredi précédent, soit +10,38 € ou +13 %. La semaine d’avant avait déjà apporté +10,41 €. Record de la période à 90,22 € jeudi. Moyenne des douze derniers mois : 57,26 €.
Les cinq clôtures de la semaine, échéance 2027
en euros par MWh, variation d’une séance à l’autre
- lundi 7
- 82,12
- mardi 8
- 84,30
- mercredi 9
- 87,36
- jeudi 10
- 90,22
- vendredi 11
- 89,54
+2,96
+2,18
+3,06
+2,86
−0,68
Marché long terme
Les trois échéances cotées
Chaque barre situe le prix d’aujourd’hui entre le plus bas et le plus haut de l’année écoulée. La zone colorée montre le chemin parcouru cette semaine, le trait vertical la moyenne des douze mois.
2027
+10,38 cette semaine
À un cheveu de son record, établi la veille à 90,22 €. Un client qui signe aujourd’hui pour 2027 paie plus cher qu’à presque n’importe quel moment de l’année écoulée.
2028
+7,23 cette semaine
Dans la même situation, mais 26 € moins cher que 2027. Cet écart est ce qui rend un contrat pluriannuel moins cher, en moyenne, qu’un contrat portant sur la seule année 2027.
2029
+5,03 cette semaine
En hausse aussi, mais encore nettement sous son sommet d’octobre 2025. C’est la seule année qui garde de la marge avant d’atteindre un record.
Prix fournisseurs constatés
Ce que proposent les fournisseurs
Engie Pro
Tarifs relevés en septembre 2026. Prix hors taxes et hors acheminement, abonnement en sus, garanties d’origine et obligations réglementaires incluses. Le prix de marché, lui, ne couvre que l’énergie. Repère de comparaison : la moyenne de marché 2027 à 2029, qui correspond à la durée d’une offre de trois ans, s’établit à 70,50 €.
Deuxième partie
Gaz naturel
Mêmes échéances, même lecture, mais sur le PEG : le marché de gros du gaz en France. Il compte à double titre, pour les clients qui ont un contrat de gaz et parce qu’il détermine l’essentiel du prix de l’électricité.
Évolutions prix gaz
Le prix du gaz pour 2027, 2028 et 2029
Douze mois de clôtures quotidiennes pour les trois mêmes échéances que l’électricité.
58,38 € pour l’année 2027, contre 52,23 € le vendredi précédent, soit +6,15 € ou +12 %. Moyenne des douze derniers mois observés : 33,17 €. Plus bas de la période : 23,67 € en janvier.
Marché long terme
Les trois échéances gazières
Même lecture que pour l’électricité : chaque barre situe le prix d’aujourd’hui entre le plus bas et le plus haut de l’année écoulée.
2027
+6,15 cette semaine
Le prix a plus que doublé en un an et se tient à moins d’un euro de son record. C’est cette échéance qui entraîne l’électricité 2027.
2028
+2,13 cette semaine
Au plus haut également, mais 22 € sous 2027. La courbe gazière reste très pentue, signe que le marché table sur une normalisation.
2029
+1,03 cette semaine
Au plus haut aussi, à un centime près. Contrairement à l’électricité, aucune échéance gazière ne conserve de marge avant son record.
Troisième partie
Ce que disent ces deux marchés ensemble
Les deux énergies ne se lisent bien que l’une par rapport à l’autre : c’est l’objet de cette partie, avec les faits marquants de la semaine qui les expliquent.
Lecture
Le gaz a épuisé toute sa marge, l’électricité non
Les quatre échéances gazières cotent simultanément au plus haut de leurs douze derniers mois observés. Aucune n’a conservé la moindre réserve. L’électricité présente un tableau différent : 2027 et 2028 sont bien à leur sommet, mais 2029 reste sous son record d’octobre 2025.
Cette asymétrie est le point à retenir de la semaine. Le marché du gaz a intégré le choc sur toute la longueur de sa courbe, l’électricité seulement sur sa partie proche. Si le gaz se maintient à ces niveaux, la partie longue de la courbe électrique a donc du rattrapage devant elle plutôt que derrière.
Concrètement, cela affaiblit l’idée que 2029 serait un refuge durable. Ce n’est pas une raison de renoncer à l’arbitrage sur les contrats longs, mais c’en est une de ne pas le présenter comme acquis pour les mois à venir.
Rang dans les douze derniers mois observés, gaz : 99 % sur 2027, 2028 et 2029. Électricité : 99 % sur 2027, 98 % sur 2028, 81 % sur 2029. Rapport entre prix de l’électricité et prix du gaz : 1,534 en 2027, 1,758 en 2028, 2,074 en 2029, la part du gaz dans la formation du prix électrique diminuant à mesure que l’horizon s’éloigne.
Lecture
Trois lectures de la semaine
Structure des prix
Pourquoi 2027 coûte bien plus cher que 2029
Il y a six mois, les trois années valaient à peu près la même chose. Depuis, le prix de 2027 s’est envolé alors que celui de 2029 a peu bougé. Le marché considère donc que la tension actuelle est forte mais qu’elle se résorbera : il paie cher pour être livré bientôt, beaucoup moins pour être livré plus tard.
Fin février, 2027 valait 1,97 € de moins que 2029. Il vaut aujourd’hui 30,94 € de plus. Le plus bas de 2027 remonte au 10 février, à 48,71 €, deux semaines avant la fermeture du détroit d’Ormuz. Depuis, il a augmenté de 84 %.
Ce qui fait monter les prix
Le gaz explique l’essentiel de la hausse de 2027
Le prix du gaz a augmenté cette semaine et celui de l’électricité un peu plus fortement encore. Environ neuf dixièmes de la hausse de 2027 ne sont donc qu’une répercussion du gaz. Le dixième restant est nouveau : c’est un supplément que le marché applique au système électrique français lui-même et c’est la première fois qu’il apparaît depuis le début de l’épisode.
La distinction compte. Reporter une signature pour 2027 revient encore, pour l’essentiel, à parier sur une détente du prix du gaz plutôt que sur une amélioration du parc nucléaire français. Mais si ce supplément français continue de croître dans les prochaines semaines, ce ne sera plus vrai et le pari changera de nature.
Le gaz français (PEG) 2027 termine à 58,38 €, en hausse de 6,15 €. Rapport entre le prix de l’électricité et celui du gaz : 1,534 contre 1,516 le vendredi précédent. À rapport inchangé, 2027 aurait terminé à 88,48 € au lieu de 89,54 €, soit environ 1,06 € de supplément français sur les 10,38 € de hausse. Le gaz européen de référence (TTF) 2027 est à 59,22 €, soit 0,84 € au-dessus du prix français.
Ce qui ne les fait pas monter
Le nucléaire n’a pas de responsabilité cette semaine
On attribue souvent à EDF toute hausse des prix. Ce n’est pas le cas ici : le parc a même un peu mieux produit que la semaine précédente, à consommation en léger recul. Ce qui a manqué, c’est le soleil et le vent, qu’il a fallu remplacer par des centrales à gaz devenues chères.
La réserve porte sur l’année, pas sur la semaine : le parc reste nettement en retrait par rapport à l’an dernier à la même date.
Production nucléaire : 37 085 MW en moyenne, contre 36 770 MW la semaine précédente. Solaire en baisse de 376 MW, éolien de 815 MW, ce qui pousse la production à couvrir par le thermique de 721 MW. Sur un an, le parc perd 2,7 GW, soit 6,7 % de moins. EDF vise 350 à 370 TWh en 2026 et 2027. La France reste exportatrice nette de 8,6 GW.
En aparté
Deux points à garder en tête
Profil de consommation
Les clients qui consomment aux heures de bureau sont plus touchés
Pour vendre un contrat à prix fixe, un fournisseur doit acheter à l’avance l’électricité qu’il livrera. Il dispose pour cela de deux produits : un produit qui couvre toutes les heures de l’année (c’est le prix dont il est question depuis le début de ce rapport) et un produit qui ne couvre que les heures ouvrées, du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h.
Le fournisseur choisit son mélange en fonction de la façon dont le client consomme. Pour un entrepôt frigorifique ou une usine qui tourne en continu, il achète surtout le premier produit. Pour un espace de coworking, des bureaux ou un commerce ouvert aux horaires classiques, il doit acheter surtout le second.
Cette semaine, le prix du produit heures ouvrées a augmenté nettement plus vite que l’autre. Les deux clients ne subissent donc pas la même hausse : environ 10 € par MWh pour celui qui consomme en continu, environ 17 € pour celui qui ne consomme qu’en journée. Un restaurant se situe entre les deux, puisqu’une partie de son activité (le service du soir) tombe en dehors de la fenêtre de 8 h à 20 h.
Faut-il en parler chaque semaine ? Non. Cet écart est habituellement stable et il n’y a alors rien à en dire. Il a plus que doublé cette semaine, et sur les trois échéances à la fois, ce qui est rare et mérite donc d’être signalé. À partir de la prochaine édition, ce point n’apparaîtra que lorsqu’il bouge nettement.
Prix du produit heures ouvrées pour 2027 : 101,93 €, en hausse de 16,83 €, contre une hausse de 10,38 € pour le produit toutes heures. L’écart entre les deux passe de 5,94 € à 12,39 € en une semaine, soit plus du double. Il progresse aussi sur 2028 (de 7,00 € à 9,98 €) et sur 2029 (de 8,28 € à 12,62 €).
Prix spot
Le prix du jour et pourquoi on le regarde quand même
Le prix « spot » est celui de l’électricité livrée le lendemain. Il n’entre pas dans la construction des contrats à prix fixe, qui portent sur des années entières.
Il mérite pourtant deux lignes chaque semaine, pour deux raisons : c’est le chiffre que reprennent les médias, donc celui qui suscite le plus de questions ; et lorsqu’il reste durablement au-dessus des prix à terme, il finit par les tirer vers le haut.
Il est très au-dessus, mais depuis trop peu de temps pour en conclure quoi que ce soit. C’est un signal à surveiller, pas encore un signal à suivre.
Moyenne de la semaine, week-end compris : 153,24 €, contre 119,25 € la semaine précédente. Pointe horaire à 283,83 € et plusieurs heures à prix nul ou négatif le week-end.
Actualité
Trois faits marquants
Les événements de la semaine qui pèsent directement sur les prix ci-dessus.
Axel Hindemith / Wikimedia Commons / CC BY-SA 3.0
Gaz · 9 septembre
L’AIE appelle à des réserves stratégiques de gaz
Dans un rapport publié le 9 septembre, elle invite les États à étudier des stocks communs adossés aux infrastructures existantes, des réserves régionales de GNL et une mise en commun d’options d’achat mobilisables en urgence. Premier signe d’une réponse coordonnée plutôt que nationale.
NASA Johnson Space Center / domaine public
Géopolitique · 10 septembre
Le conflit s’étend à une seconde route maritime
Après les frappes sur des pétroliers iraniens début septembre, un second front s’est ouvert en mer Rouge. Le marché ne price plus seulement Ormuz, mais le cumul de deux passages contraints, ce qui explique que la hausse touche désormais aussi les échéances lointaines.
Gordon Leggett / Wikimedia Commons / CC BY-SA 4.0
Stockages · semaine du 7 septembre
Le remplissage des stockages devient l’enjeu des prochaines semaines
Il manquerait environ 72 cargaisons de GNL pour atteindre 80 % de remplissage d’ici novembre. Certains analystes estiment que le contrat gaz de décembre devrait dépasser 100 € pour que l’Europe reste compétitive face aux acheteurs asiatiques.
Prochaine date à surveiller : le 1er octobre, ouverture de la période réglementaire de remplissage des stockages. L’Europe l’aborde remplie aux deux tiers, contre plus de 80 % habituellement et l’Allemagne autour de 55 %.
Synthèse
Ce qu’il faut en retenir pour une décision
Pour 2027
La fenêtre s’est refermée et le prix évolue à un cheveu de son record annuel. La hausse vient encore à neuf dixièmes du gaz, mais un supplément proprement français est apparu pour la première fois. Reporter une signature reste un pari de marché assumé, pas une attente passive.
Pour 2028 et 2029
Une fourniture qui doit démarrer en 2027 ne peut pas être décalée : le besoin est le besoin. En revanche, elle peut être allongée. Un contrat de trois ans commençant en 2027 mélange une année chère et deux années nettement moins chères. Il ressort donc à un prix moyen très inférieur à celui d’un contrat d’un an.
Cet arbitrage a une contrepartie qu’il faut énoncer. Les prix de 2028 sont eux aussi au plus haut de leurs douze derniers mois. Allonger la durée revient donc à diluer une année très chère, mais en engageant au passage deux années supplémentaires à un niveau élevé pour elles. L’année 2029 est la seule à conserver une marge réelle avant son propre record.
Prix moyen indicatif : 89,54 € sur un an (2027 seule), 76,45 € sur deux ans, 70,50 € sur trois ans. Il s’agit de moyennes simples ; un prix contractuel réel dépend aussi de la répartition des volumes entre les années.
Annexe
Petit lexique
Cette rubrique s’étoffe chaque semaine. Les notions déjà traitées ne sont pas répétées ; l’ensemble finira par former un lexique de référence.
PEG
TTF
La prime de court terme
La prime de risque
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